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Jean TINGUELY (1925-1991)

Sculpteur suisse. Elève de l’Ecole des arts appliqués de Bâle ( 1941 - 1945 ), il pratique d’abord une peinture abstraite influencée par le Surréalisme, puis, vers 1951 - 1952, il réalise ses premières sculptures actionnées par un moteur électrique. Installé en 1953 à Paris, il participe deux ans plus tard à l’importante exposition le Mouvement organisée par Denise René, qui associe à l’Art cinétique ses reliefs d’éléments géométriques. En 1958, il réalise avec Klein une exposition commune (Vitesse pure et Stabilité monochrome) et, à partir de 1960, il fait partie des nouveaux réalistes. Ses sculptures s’inscrivent dans la continuité de l’esprit Dada, par leur usage de matériaux de récupération et leur aspect bariolé comme par leur sens de la dérision. Ses “machines à dessiner” invitent ainsi le spectateur à fabriquer des parodies de peinture abstraite. En 1960, il inaugure une série d’esprit proche du Junk Art, qui aboutit à celle des Baloubas, en utilisant toutes sortes de déchets assemblés, ferrailles et objets quotidiens, toujours actionnés par un moteur. La même année, il intègre à son travail un élément d’autodestruction dans son gigantesque Hommage à New York, présenté au MOMA et programmé pour exploser. De semblables Happenings sont présentés à Copenhague ( 1961 ) et à Las Vegas ( 1962 ). Depuis 1963, le métal des sculptures, peint en noir, prend un aspect plus austère, contrastant avec le chromatisme des oeuvres de son épouse Niki de Saint - Phalle, avec qui Tinguely collabore pour le corps-en-vironnement de Elle ( avec P. O. Ultveld, Moderna Musset, Stockholm, 1966 ), pour le Gigantoleum du pavillon français de l’Exposition universelle de Montréal, ou pour des fontaines-spectacles, à Bâle et à Paris. A partir de 1970, avec ses “ chars “ et ses “ bascules “, Tinguely installe ses constructions sur des plateaux se déplaçant eux-même sur des rails : la dépense d’énergie redouble en même temps que la parodie du fonctionnement industriel - rouages, pistons, chaînes et moteurs ne produisant rien d’autre que des mouvements sans fonction et du bruit. Depuis le début des années quatre-vingt, il intègre volontiers dans ses montages, souvent peints pour simuler la rouille, des plumes, des crânes et ossements qui révèlent, derrière leur apparence ludique et baroque, que l’exubérance et le mouvement sont aussi des conjurations contre la mort. 

Propos de l'artiste

« Des machines à sons, j’ai commencé d’en construire tout gosse. Le samedi, notre jour de congé, je partais au petit matin, un sandwich dans la poche. Mon but était un coin de forêt fermé tout en haut par les arbres et traversé par un ruisseau médusant. Cà et là des fantômes de fleurs, une herbe noire et des troncs noueux. Mais surtout, une merveilleuse situation sonore, un vide intense constellé de chétifs bruits bizarres, difficilement identifiables. Et si, par inadvertance, dans une tache d’ombre, je marchais sur une branche, l’éclat d’un orage me répondait. Je voulais participer à cet environnement de sons. Alors je creusais des petits trous dans le lit du ruisseau. Avec des pinces et des bouts de fil de fer dégotés dans les décharges publiques, je confectionnais des roues, des pales, un axe, une came surmontée d’un petit marteau (souvent un vieux boulon rouillé ou une pierre emmaillotée de fil de fer), qui retombait sur une boîte de conserve, une bouteille, un morceau de verre. Les roues, évidemment, je les bricolais de grandeurs différentes; elles tournaient donc à des vitesses différentes. En outre, je les disposais à des endroits où le cours était là plus rapide, ici plus lent. Bref, je plaçais un élément sonore (roue, came, marteau), tous les deux ou trois mètres. Le soir, quand on n’y voyait goutte, je m’en allais, laissant derrière moi un orchestre de cinquante mètres de long. Et qui fonctionnait. J’ai beaucoup construit par la suite, mais jamais mieux que cà. Ce n’était pas de l’art, mais un événement. J’imaginais un spectateur innocent, un chercheur de champignons, un garde-forestier, qui seraient arrivés là et auraient découvert mon orchestre, éraillé peut-être par une petite branche venue coincer une roue. Quand je revenais, le samedi suivant, trois ou quatre éléments faisaient encore “pim”... “kling”... “pom”... Alors je réparais le tout. Je conseillerais à beaucoup d’orchestres d’aller jouer au moins une fois dans la forêt - même s’il n’y a pas de place pour le public. La forêt répond mieux, elle est plus molle, elle est meilleure qu’une salle, même si, parfois, un public de dix mille personnes peuvent conférer à celle-ci une certaine tendreur. » Jean Tinguely, «Ting Ting Tinguely », texte établi par J. N. von der Weid. Le Monde de la musique, mars 1983. © DACVP-COARC. 

Liens internet

Jean Tinguely dans les collection du Centre Pompidou : LiEN

Un documentaire sur Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle : LiEN

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